Usines à chiots

USINES À CHIOTS – VOTRE COMPAGNON DE VIE PROVIENT-IL DE CET UNIVERS CRUEL?

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Le terme le dit : il s’agit d’une usine de production d’un bien, dans ce cas-ci, des chiots!

Le concept d’usines à chiots est employé par les médias depuis maintenant plusieurs années. En résumé, il décrit des élevages caractérisés par une reproduction massive d’individus canins; les femelles se voient régulièrement obligées d’avoir deux portées par année, un rythme de reproduction accéléré, physiquement très difficile à assumer par la chienne.

Les conditions de vie dans lesquels les jeunes chiots naissent, et où leurs parents vivent, sont horribles. Les inspecteurs qui y effectuent des saisies relèvent d’ordinaire l’insalubrité des lieux et les fortes odeurs nauséabondes qui s’en dégagent. Les chiens sont soit attachés, soit maintenus captifs dans de minuscules cages où ils peinent à se retourner. Ils succombent parfois aux conditions météorologiques extrêmes dont ils sont mal protégés (période de chaleur estivale ou grands froids hivernaux) ou aux rudes conditions de transport (entre l’élevage et l’animalerie, par exemple). Les animaux sont mal nourris (quantité et qualité de la nourriture, faible disponibilité d’eau) et maltraités. Les chiens issus de ces élevages montrent souvent, au fil du temps, des problèmes de comportements.

Ces conditions insalubres (la fourrure peut parfois être couverte d’excréments) entraînent de nombreuses maladies aux chiens : maladies de peau, infections aux yeux et aux oreilles, déformations, parasites, virus. Ils ne bénéficient généralement d’aucun soin vétérinaire.

Parce que pour ces exploitants, c’est le profit qui prime sur le vivant et son bien-être!

Le but ultime des exploitants d’usines à chiots est de produire le plus de chiots possible en engendrant un minimum de coûts pour un maximum de profit.

Le Québec, grand gagnant de la palme d’or de cruauté!

Il est estimé qu’entre 1500 et 1800 usines à chiots seraient en activité sur le territoire québécois. Celles-ci généreraient la naissance d’environ 400 000 chiots par année. Toutefois, il s’avère très difficile d’évaluer le nombre exact de ces cruelles usines, et ce, pour plusieurs raisons. L’une d’elles concerne l’emplacement géographique éloigné que les exploitants de ces élevages choisissent généralement. Ces « éleveurs » préfèrent s’installer en territoire peu habité, en préservant une distance notable des autres voisins; ces derniers pourraient éventuellement se plaindre des bruits ou des odeurs. Il paraîtrait qu’un nombre important de ces exploitations se situent près des frontières américaines. En effet, la proximité des lignes facilite la contrebande avec les États-Unis, dont le commerce est réputé pour être lucratif.

La législation ontarienne est stricte : les amendes peuvent atteindre 60 000 $, les peines d’emprisonnement vont jusqu’à deux ans et la loi prévoit l’interdiction à vie de posséder des animaux de compagnie pour un contrevenant.

Au Québec, c’est le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) qui a pour mission d’inspecter les éleveurs et d’appliquer les dispositions de la section IV.1.1 De la sécurité et du bien-être des animaux de la Loi sur la protection sanitaire des animaux (L.R.Q., c. P-42).

Malgré cette initiative gouvernementale, il reste excessivement complexe de poursuivre un exploitant d’usine à chiots et de le sanctionner d’une manière ou d’une autre. Seuls les cas extrêmes de cruauté envers les animaux sont considérés, notamment par le Code criminel du Canada. Peu de cas portés en justice aboutissent à des peines.

Selon un article de Radio-Canada publié le 29 septembre 2018, « le MAPAQ a informé ses inspecteurs, à l’automne 2017, qu’ils ne devaient plus inspecter les éleveurs de 14 à 49 chiens et chats avant de leur donner un permis. Ceux qui possèdent moins d’animaux n’avaient déjà pas besoin de permis et ceux de 50 animaux et plus demeurent soumis à l’inspection préalable. (…) Le MAPAQ rappelle que la loi n’oblige pas les inspections préalables, même si c’était la pratique. »

Selon la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal (RLRQ, chapitre B-3.1) une personne en infraction peut se voir imposer: 

  • Une amende variable de 250 $ jusqu’à 250 000 $ pour une première offense (ces montants doublent lors d’une récidive et triplent lors de récidives multiples). 
  • Une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 18 mois (s’il y a récidive)
  • Une limitation d’un nombre d’animaux pouvant être gardés, voire même une interdiction de possession d’animaux à vie.

Voulez-vous réellement encourager ce type d’exploitation?

Non? Alors, méfiez-vous des sites d’annonces gratuites sur Internet, d’annonces dans les journaux ou encore, des animaleries. Les usines à chiots écoulent d’abord leur « production » chez les animaleries où l’éthique est ne constitue pas une priorité. Certains propriétaires de magasins ne prennent pas le temps de visiter ou de rencontrer l’éleveur d’où proviennent les chiots. C’est par l’entremise d’un courtier (broker) que les boutiques reçoivent les animaux. Ce dernier achète les chiots d’usines et les revend ensuite à des animaleries sans scrupule. Il s’agit d’une pratique courue étant donné que les propriétaires d’exploitations cruelles ne veulent pas transiger directement avec le public.

LES ACTIONS DE LA SPA CANADA

La SPA Canada a recueilli des centaines de milliers de noms pour une pétition dans le but de rendre illégales les usines à chiots, organisé de nombreuses manifestations que nous avons tenues dans différents contextes : à l’extérieur de salles de cours où des propriétaires d’usines à chiots devaient répondre à des accusations de cruauté envers les animaux; devant les bureaux du premier ministre du Québec afin de demander l’abolition totale de ces exploitations; devant plusieurs animaleries québécoises et ontariennes qui vendent des animaux, en vue d’éduquer les clients et les propriétaires, et pour inciter fortement ces commerces à ne plus vendre d’animaux.

En résumé, la campagne de la SPA Canada contre les usines à chiots se concrétise par :

  • Des discussions avec le public dans le but d’informer les gens sur la réalité des usines à chiots;
  • La signature de pétitions;
  • Des manifestations et de l’appel au boycottage contre les commerces tirant profit de la cruauté envers les animaux issus des usines à chiots;
  • La sensibilisation des décideurs politiques afin de légiférer contre les usines à chiots.