Les manteaux de fourrure et de plumes : se préparer pour l’hiver dans le respect des animaux

Les manteaux de fourrure et de plumes : se préparer pour l’hiver dans le respect des animaux

Crédit : Sabina Sturzu via Unsplash

La plupart d’entre nous avons des frissons juste à penser aux hivers canadiens. Avec des températures de -25 Celsius, on pourrait dire que le Canada devient un peu… frisquet. À ce temps-ci de l’année, on voit le froid qui approche et la période de magasinage commence. Mais magasiner des manteaux d’hiver peut s’avérer difficile : il faut trouver quelque chose de beau tout en priorisant la chaleur. Alors que la température commence à descendre et que les saisons froides approchent à grands pas, un autre aspect important s’impose : comment s’habiller pour l’hiver tout en réduisant la cruauté animale?  

Vous pourriez être surpris d’apprendre qui se cache derrière un simple manteau. Alors avant de se ruer vers les magasins ou de s’asseoir sur son fauteuil pour trouver le meilleur manteau en ligne, il est important de prendre le temps de s’informer sur les différentes options éthiques possibles pour compléter sa garde-robe hivernale de façon consciencieuse. 

L’impact de l’industrie des manteaux sur les animaux 

Dans cette partie de l’article, nous allons parler seulement de deux des nombreux produits dérivés d’animaux exploités pour faire des manteaux. La fourrure et les plumes sont dans les matériaux les plus communs dans la production de manteaux d’hiver. Heureusement, nous n’avons pas à utiliser ces matériaux pour avoir des produits de qualité, durables et chauds. 

Fourrure 

Il est important de garder à l’esprit que, comme plusieurs autres industries, les fermes de fourrure existent dans le but de faire du profit. Dans ce sens, il y a peu, si ce n’est pas, de respect pour le bien-être des animaux. Une étude menée par la PETA en 2015 a souligné que les fermiers dans une ferme de fourrures aux États-Unis utilisaient généralement les méthodes les moins dispendieuses pour mettre fin à la vie des animaux telles que la suffocation, l’électrocution et l’asphyxie par gaz : toutes des morts lentes, douloureuses et terrifiantes pour ces animaux. 

L’empoisonnement avec des gaz d’échappement chauds est une méthode standard de mise à mort des petits animaux dans les fermes à fourrure. Cette méthode échoue parfois à tuer l’animal et le rend, à la place, inconscient. Souvent, l’animal reprendra conscience alors qu’il est brutalement écorché vif. 

Selon la PETA, le Swiss Animal Protection International a visité une ferme à fourrure en Chine et a rapporté que des animaux comme les renards, les visons et les lapins tremblaient dans des cages grillagées à l’extérieur. Certains animaux ont même montré une anxiété sévère : ils se rongeaient les membres et se jetaient contre les cages.

Une enquête menée en 2005 sur des fermes d’élevage chinoises a rapporté que les animaux étaient emballés dans des cages et empilés sur des camions, puis jetés du haut du camion sur le sol, ce qui brisait les os des animaux.

Certains animaux avaient même encore des colliers, signe qu’ils étaient le compagnon bien-aimé de quelqu’un, volé pour être torturé, brutalement tué et vendu pour de la fourrure. Pouvez-vous imaginer si ce genre de chose arrivait à votre chien ou chat?

Vous vous demandez peut-être comment de telles pratiques barbares peuvent encore exister. Malheureusement, il existe peu ou pas de lois qui reconnaissent le bien-être et la protection des animaux dans les fermes à fourrure, ce qui signifie que les horreurs que les animaux d’horreur vivent dans ces fermes sont entièrement légales. Certains des animaux les plus couramment utilisés pour la fourrure comprennent, mais sans s’y limiter, les castors, les chinchillas, les renards, les ratons laveurs, les visons, les lapins, les chiens et les chats.

Plumes

Selon la PETA, le duvet est la partie la plus douce d’un oiseau, qui se trouve au plus près de sa peau. En général, dans les fermes de canards, les ouvriers commencent à enlever les plumes de l’oiseau vers l’âge de dix semaines et continuent toutes les six semaines par la suite. Se faire arracher les plumes provoque une grande douleur et détresse pour ces êtres doux et sensibles. Les canards et les oies sont attachés ou retenus par d’autres moyens pendant que leurs plumes leur sont arrachées sans analgésiques ni anesthésiques. Souvent, leur peau se déchire et saigne à la suite de ce processus. 

Les entreprises ont des moyens créatifs de commercialiser leurs produits pour que les consommateurs se sentent bien dans leur achat en utilisant des termes tels que « transparent », « durable » ou « de source responsable / éthique ». Malheureusement, ces termes sont très trompeurs, comme vous pouvez le voir dans une enquête récente sur la célèbre marque de veste d’hiver, Canada Goose. 

Plusieurs militants et organisations de défense des droits des animaux ont dénoncé Canada Goose ces dernières années. Une enquête sur un fournisseur de duvet de la célèbre compagnie a révélé que les oies d’élevage étaient entassées dans des cages et qu’elles se piétinaient l’une sur l’autre dans la panique tandis que certaines étouffaient même. Elles étaient ramassées par le cou et jetées comme des objets alors qu’elles s’agitaient en détresse. 

Un vétérinaire qui a regardé les images de l’enquête a déclaré que les oies subissent probablement des crampes musculaires douloureuses du fait qu’elles sont entassées dans des caisses pendant des périodes prolongées, ce qui les prédispose également aux blessures. Selon les enquêteurs, les oiseaux étaient pétrifiés alors qu’ils regardaient les autres devant eux être enchaînés et abattus un par un alors qu’ils attendaient leur propre destin terrible. L’enquête a également révélé que certaines des oies ont été laissées dans des cages couvertes d’excréments sans nourriture ni eau pendant plus de 24 heures. Bien que le site Web de Canada Goose affirme que la société évite des dommages inutiles aux animaux, cette enquête prouve le contraire. 

Les options de remplacement aux plumes et à la fourrure dans les manteaux 

On a longtemps pensé qu’on avait besoin des animaux pour se protéger des froids hivernaux. Il est peut-être vrai que, à une certaine époque, les hommes n’avaient pas d’autres options que de chasser pour se réchauffer. Par chance, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Avec la technologie et les avancées qu’on a faites en tant que société, il n’est plus nécessaire d’avoir recours à ce genre de pratiques qui encouragent la cruauté envers les animaux. Surtout en considérant comment le capitalisme accepte que la cruauté animale atteigne des niveaux jamais atteints auparavant. Parce que, aujourd’hui, nous avons de nouveaux moyens de nous habiller l’hiver sans blesser personne. Alors pourquoi est-ce qu’on ne les priorise pas? 

De plus en plus de compagnies véganes de manteaux voient le jour, ce qui prouve qu’on se pose des questions et qu’on commence à réaliser l’inutilité des animaux dans le processus de fabrication de manteaux. Plusieurs matériaux viennent remplacer cette fourrure animale et les plumes tels la fausse fourrure (faux-fur), le cuir végane, le polyester, les isolants végétaux comme le bambou, et plus encore. 

La fausse fourrure, généralement faite à partir d’acrylique et de polyester, est un matériau chaud et durable qui peut même être recyclé à la fin de son utilisation. En 2016, un laboratoire français EMITECH a fait une étude qui prouvait que la fausse fourrure était aussi chaude que la vraie. Au début, quelques designers s’en servaient pour faire certains textiles comme le corduroy de manière à créer des produits plus abordables. Aujourd’hui, c’est pourtant le contraire : la fausse fourrure montre un certain prestige lié à la modernité

Le cuir végane est également une solution nécessaire pour aider les animaux. Mélissa Lambert, présidente de la marque québécoise de sacs Lambert, affirme que le polyuréthane est la meilleure option pour le moment pour la production de cuir végane en matière de résistance. On peut aussi penser aussi au cuir d’ananas mentionné dans notre article sur Bego Vegan Label qui utilise des plants qui seraient jetés sinon.

La production de ces matériaux soulève des questions : est-ce que ces choix sont bons pour l’environnement? Est-ce qu’ils sont plus éthiques? Il faut garder en tête que la production de cuir animale est également nocive pour l’environnement. À l’heure actuelle, il y a encore des avancées quant à ces matériaux véganes pour tenter de réduire le plus possible l’empreinte environnementale. Par exemple, certaines compagnies, comme la prochaine que nous allons vous présenter, utilisent du plastique recyclé pour faire leurs manteaux. Si on concentre nos efforts à la bonne place, il y a toujours un moyen de faire avancer les choses et produire les meilleurs produits possibles. 

Quelques compagnies pour encourager les manteaux véganes 

Plusieurs compagnies canadiennes, mais aussi partout dans le monde, créent des manteaux d’hiver complètement véganes qui valent le détour! On vous en présente aujourd’hui quelques-unes pour vous aider dans votre magasinage. 

NOIZE est une compagnie de manteaux véganes qui a à cœur l’environnement et les animaux. Ils ont des produits pour plusieurs occasions et saisons différentes et se démarquent par leurs styles et couleurs éclatantes. Ils utilisent du plastique de bouteilles d’eau recyclées pour faire certains de leurs manteaux et ont des produits durables et de qualité. Pour commencer le magasinage : https://fr.noizeoriginal.ca/

Ethically Warm est une compagnie qui produit ses manteaux véganes ici, à Montréal, et qui assure une approche verte en utilisant des matériaux biodégradables comme le coton et le bambou. Ils travaillent avec une coopérative de couturières montréalaise et s’assurent d’avoir le moins possible d’impact sur l’environnement : la petite quantité de plastique qu’ils utilisent est recyclée. En plus, leurs manteaux sont magnifiques et chauds. Pour commencer le magasinage : https://ethicallywarm.com/collections/all

Save the duck a été fondée en 2012 par Nicolas Bargi et est une compagnie américaine qui s’est fait valoir partout dans le monde et qui a même été certifiée B Corp en 2019. Ils utilisent un matériau du nom de PLUMATECH® qui imite le duvet tout en conservant les avantages thermiques. Ils ont également une collection PLUMATECH® RECYCLÉ qui est faite de polyester issu de matériaux recyclés comme des bouteilles de plastique. Pour commencer le magasinage : https://www.savetheduck.ca/fr/ 

Wuxly est une compagnie ontarienne fondée en 2012. Ils utilisent PrimaLoft® Gold pour faire l’isolation dans leurs manteaux, une superbe alternative pour le duvet d’oie. Ils affirment que c’est supérieur au duvet d’oie étant donné qu’ils respirent mieux : ils sont chauds sans être trop gros. Ils sont également super résistants à l’eau avec des résultats étonnants de 98 % en comparaison aux produits d’oie qui sont à 0 %. Pour commencer le magasinage : https://wuxly.ca/

Bonus : certaines compagnies offrent même des manteaux véganes conçus pour les chiens! Et il faut rappeler que certaines races de chien ont besoin de ces manteaux l’hiver. Par exemple, Hound Around fait des manteaux faux fur pour les lévriers italiens. Donc si vous devez habiller vos toutous cet hiver, prenez une décision responsable! 

Un magasinage éclairé

Au moment de choisir votre prochain manteau d’hiver, faites un choix éclairé pour aider les animaux. Même si la fourrure et les plumes font de bons manteaux d’hiver, il y a plusieurs compagnies qui utilisent des matériaux véganes et qui sont bons pour l’environnement en opposition aux fourrures animales. Ces manteaux vont, non seulement vous tenir au chaud, mais aussi prévenir la cruauté animale non nécessaire.

Lorsque vous voyez une nouvelle tendance tentante ou un manteau à votre goût, rappelez-vous qu’une mode de courte durée ou un désir équivaut à de la souffrance pour toute une vie. Aider les animaux, c’est aussi faire des petits changements au quotidien qui font toute la différence dans leurs vies. Il faut arriver à voir comment nos actions peuvent avoir des conséquences sur eux. En tant que consommateurs, nous avons un rôle à jouer, et nous pouvons décider de changer les choses maintenant.